Couverture Bifrost N°86

Bifrost N°86 et retour sur cette revue.

Il y a un petit moment que je voulais mettre en avant Bifrost, un peu comme un hommage. Il faut dire que cette revue a quelque peu modifié ma perception des littératures de genre, ainsi que mes lectures.

Bifrost est une revue trimestrielle proposée par les éditions du Bélial’, le premier numéro est paru en avril 1996. Elle est accès SFFF (Science-fiction, fantasy, fantastique) comme son sous-titre l’indique : la revue des mondes imaginaires.

La revue est portée par Olivier Girard, le patron du Bélial’, mais surtout par une tripotée d’acteurs du milieu, qui viennent agrémenter les pages des parutions de chroniques, de dossiers et de nouvelles.

À chaque numéro, la revue propose un dossier sur un auteur, ou un thème particulier. Dernièrement, il s’agit surtout de numéro accès sur une personnalité. Au regard du nombre d’auteurs traités, je suis sûr que chacun peut trouver son bonheur. Et c’est l’occasion, aussi, de découvrir des personnes vers lesquelles on n’irait pas forcément.

Pour ma part, ça a été le cas pour Pierre Pelot, le numéro 81 qui lui a été consacré m’a fasciné. Quel auteur, quelle personnalité ce Pelot ! Peut-être que sans ça,  je n’aurai jamais lu C’est ainsi que les hommes vivent, un sacré bouquin.

 

Le sommaire type d’un Bifrost.

Après un édito, la revue débute par des nouvelles, l’occasion de découvrir des auteurs à travers des textes courts. J’ai été rarement déçu. Tous les ans, sur la base des nouvelles publiées dans l’année, le Bélial’ propose deux prix des lecteurs, nouvelle francophone et nouvelle étrangère, c’est cool de faire participer son lectorat.

Vient ensuite rubriques et magazines, avec des chroniques de livres, essentiellement, quelques pages sur les revues et plus récemment, une section intitulée : Paroles… De traducteur.

Les chroniques sont courtes, concises et pertinentes. Une veille des sorties SFFF qui permet de se faire un avis rapide sur les publications, un beau complément avec ce qui se fait sur le Net via les blogs.

La chronique des revues est tenue par Thomas Day, il y commente les revues francophones et les nouvelles qui y sont publiées, il est rarement tendre !

Le billet Paroles… De traducteur est une bonne idée, ça permet d’avoir des interviews de traducteur, profession rarement mise en avant.

La deuxième partie de la revue est consacrée au dossier. Biographie, interviews, guide de lecture, bibliographie. C’est vraiment un bon moyen de faire le tour d’un auteur. Les dossiers sont complets et documentés.

Entre le gros dossier et la conclusion, il y a un petit billet sur la science dans la littérature de genre, dans lequel J.-Sébastien Steyer et Roland Lehoucq proposent de faire de la science sous le prisme de la SFFF. D’ailleurs, la version numérique de “Faire des sciences avec Star Wars” (des mêmes auteurs) est gratuite sur le site du Bélial’ : Ici.

Pour conclure la revue, une section balance quelques informations en vrac, d’autres sorties et les publications en format poche.

Ça ne sort que tous les trois mois, mais vous l’aurez noté c’est très complet, ce qui explique une publication espacée dans le temps.

 

Pour le 86, un dossier Richard Mathenson.

Ce numéro 86 s’ouvre sur deux nouvelles. Enfin, une novella de Laurent Genefort qui se passe dans l’univers qui l’a créé (Omale, les portes de vangk, etc.) et qui traite d’un divorce et d’une relation adultérine. CARNAVAL l’aire tripartite traite de la sexualité, de la tolérance, du conservatisme.

Les thèmes abordés sont intéressants et l’auteur parvient à rendre un divorce et le procès qui en découle intéressant.

La deuxième nouvelle est un récit très court écrit par Richard Mathenson, Journal d’un monstre. Un texte puissant, concis. En quelques paragraphes, l’auteur pose une ambiance et une immersion forte avec un style et un rythme parfaits.

Pour ce numéro les chroniques sont toujours aussi intéressantes et chose exceptionnelle il n y rien à jeter selon les intervenants.

Paroles… De traducteur est consacré à Michelle Charrier qui a traduit dernièrement Poumon vert (qui ne devait pas être aisé à traduire). Elle a une vision de son métier intéressante.

Le dossier consacré à Richard Mathenson est bien mené et m’a permis de découvrir un auteur que je ne connaissais pas, mis à part de nom. Il m’a donné envie de lire Je suis une légende. Il y est question de littératures de genre, mais aussi de cinémas et de scénarios, puisque l’auteur a beaucoup travaillé dans ce millieu.

Mention spéciale à la partie du dossier rédigée par Thomas Day intitulé “Les maisons du diable : lecture comparée de Shirley Jackson et Richard Matheson”, qui m’a donné envie de me pencher sur La maison hantée de Shirley Jackson et La maison des damnés de Richard Mathenson.

 

Pour finir, traverser le pont, sautez-le pas.

Je suis abonné à d’autres revues et selon moi Bifrost est ce qui se fait de mieux en la matière. C’est toujours un plaisir de recevoir le nouveau numéro et je traine rarement pour le lire. Il y a énormément d’auteurs et de dossier traités, je suis abonné depuis peu, mais je pense que je vais m’attarder sur certains des numéros précédents.

En gros, si vous êtes passionné de SFFF et que vous n’êtes pas encore abonné c’est bien dommage. Si vous voulez découvrir certains auteurs, n’hésitez pas à aller piocher dans les numéros déjà parus, il y a des versions papiers encore disponible et depuis le numéro 67 tout est disponible en numérique et sans DRM.

Finalement, l’abonnement annuel s’élève 45€, soit 3,75 € par mois une paille, ou un demi. Loin de moi l’idée de faire du prosélytisme, mais lorsque des gens font des choses biens, pros et propres, autant les soutenir !

 

13 réflexions sur “Bifrost N°86 et retour sur cette revue.

  1. Je suis abonnée à Bifrost depuis 10 ans cette année.
    J’aime bien même si parfois je trouve qu’elle joue sur une veine intello et légèrement snob.
    Globalement j’adoreles dossiers, toujours intéressant qui permet de découvrir des auteurs.
    Très beau retour

    • Merci ! C’est amplement mérité ce retour 🙂

      Pour le côté veine intello et snob, c’est le risque lorsqu’on se spécialise ou que l’on veut approfondir un domaine, il peut y avoir un petit côté élitiste qui s’installe.

  2. LE fanzine ! c’est vrai ! je dois en avoir une bonne cinquantaine.
    Il faut trier…dans les critiques…
    Un peu le Télérama de la SFFF…

  3. Une très bonne revue que je suis depuis pas mal d’années, je n’ai toujours pas trouvé mieux.

    Tu as été rapide à lire ce numéro, il me reste la novella et le dossier à lire. Par contre, j’ai trouvé le cahier critique un peu faiblard, ou plutôt, je n’ai pas dégoté de romans qui me donnent envie cette fois.

  4. Je l’achète depuis le numéro 53. Abonnée depuis le 55, si je me souviens bien. Ça commence à faire une belle collection. Ce qui m’intéresse le plus dans la revue, même si j’en lis chaque ligne ce sont les nouvelles et le dossier. J’aime beaucoup la rubrique scientifiction aussi mais souvent je ne comprends pas la moitié XD

Laisser un commentaire