Couverture Boudicca, Jean-Laurent Del Socorro

Boudicca, trois volutes pour une Reine.

 

Boudicca est le deuxième roman de Jean-Laurent Del Socorro, publié aux éditions Actu SF, il doit sortir le 6 avril 2017. Il a fait l’objet d’une opération de précommande, ce qui m’a permis de lire avant sa sortie officielle.

Il est publié dans la collection Bad Wolf, ancien éditeur indépendant qui a rejoint les rangs d’Actu SF. La collection est dirigée par Audrey Alwett et l’ouvrage publié sous la direction de Jérome Vincent. L’illustration de couverture est de Yana Moskaluk.

 

An I de notre ère.

 

Boudicca née un jour de bataille, un jour furieux. Sa mère perdra la vie en la mettant au monde. Son destin hors du commun débute ici. Il se poursuivra par une jeunesse ou elle apprend l’art des lettres et du verbe d’un druide nommé Prydain et l’art de la guerre d’une vieille guerrière Ysbal. Elle partagera son enfance avec Caratacos de 10 ans son ainé, qu’elle considère comme son frère. Alors qu’il s’agit d’un otage, fils de « l’ogre », le Roi du clan Trinovante.

La jeune celte est colérique, capricieuse. La première partie du roman s’attarde à lui donner quelques leçons de vie, forgeant ainsi son caractère et atténuant son tempérament.

Boudicca devient Reine des Icènes, mais son règne va connaitre des changements sans précédent pour son clan et ses terres. Les Romains, qui étaient jusque-là des partenaires commerciaux, vont envahir la Bretagne et en faire une province, Britannia.

Vient alors le temps de la révolte pour Boudicca, qui est Reine, mère et femme libre.

 

Boudicca, Prydain, Caratacos et les autres.

 

Autour de la reine gravite une riche palette de personnages. L’auteur parvient en quelques lignes à les faire vivre. Ils sont nombreux. Mais malgré l’importance de Boudicca, elle ne les occulte pas. Le but n’est pas d’en dresser la typologie, ce qui serait long et inutile. Mais plutôt en citer certains plus important que d’autres, pour ma part.

Le druide Prydain qui lui sert de précepteur. Il est sage et aimant avec la jeune reine. Leur relation est forte, empreinte de respect. Le personnage est intéressant, il est mystique, mais moderne.

Son brater (grand frère) Caractacos, l’otage du clan des Trinovante, fait un parfait opposant à la jeune reine, les deux se testent, souvent.

Ysbal, la vieille guerrière qui a trois maris. Figure féminine forte et soutien indéfectible de Boudicca.

Elle se marie avec Pratsutagos, un époux que son rang lui impose, qui au final va se révéler être un allié précieux.

Jousse son amante, celle qu’elle aime vraiment.

Ces personnages permettent de découvrir les mœurs de la société celte et sont primordiaux dans la construction du personnage principal.

 

Le monde celte, point de fantasy mais du mysticisme.

 

L’auteur l’a annoncé, Bouidcca est une biographie qui se veut onirique. Ne vous attendez à voir surgir au détour d’une page de la magie ou des créatures fantastiques. Cependant, cela n’enlève rien au charme du livre. Le monde celte y est très bien décrit et richement documenté.

Il y a des passages mystiques, qui flirte avec la fantasy. Notamment le rite initiatique de Boudicca et le rêve qu’elle entreprend, aidé par Prydain. Les croyances et les mythes sont omniprésents, les Dieux craints et respectés.

Le roman décrit le peuple celte dans tout ce qu’il a de plus intéressant, sans omettre la guerre et le système clanique et ses dérives. Le contraste avec Rome est saisissant. L’empire est ordonné, rigide, machiste. Là où les Celtes sont libres et ouverts.

 

Un drame bien structuré.

 

Nous le savions déjà, Jean-Laurent Del Socorro aime le théâtre. Il a choisi d’écrire le récit en trois volutes, actes (en référence au triskèles), avec un prologue et un épilogue. Le rythme est soutenu, le roman est court, mais intense.

Le style est soutenu, le vocabulaire est enrichi de quelques termes bien sentis qui permettent de poser l’ambiance sans alourdir la lecture. Les dialogues sont vifs, précis, très rythmés.

Le tout fait que le roman (une peu moins de 250 pages) se lit avec plaisir, sans coupure net, ni changement brutal. Pour un livre retraçant toute une vie, c’est une réussite.

 

En conclusion, la vie d’une figure rebelle, teintée de rêves.

 

Jean-Laurent Del Socorro nous invite à découvrir la vie de Boudicca à travers un roman dense et efficace. Son style fluide et léger se précise ici.

C’est un hommage à une femme libre, forte et rebelle.

Si vous avez aimé Royaume de vent et de colères, vous aimerez Boudicca. Si vous aimez l’Histoire et les figures fortes, vous aimerez aussi ce livre.

En bonus, à la fin du roman, se trouve une nouvelle se déroulant lors du Boston Tea Party, comme une invitation à lire son prochain roman sur la guerre de Sécession. Ce que je ferai, pour ma part, avec plaisir.

 

==========

Un autre avis : Chez l’ours inculte, Amarüel, le comptoir de écureuil , Au pays des cave trolls

17 réflexions sur “Boudicca, trois volutes pour une Reine.

  1. Ta critique ma fait penser au roman de Le Guin Lavinia, avec très peu d’éléments de fantasy, mais envoutant tout de même et relevant de ce genre.

    J’ai bien envie de le lire celui-ci!

    Merci.

  2. le pitch me fait fortement penser au livre de Pauline Gedge “The eagle and the raven” dont une partie est consacrée à Boudicca… J’ai un peu peur d’être déçu (j’ai pas du tout accrocher avec par ex Mordred de Justine Niogret alors que j’avais adoré son Chien du Heaume )
    j

    • J’imagine que le fait que ce soit une biographie implique des sources qui se recoupent. Mais le traitement est surement différent ! Je n’ai pas lu Mordred donc je ne peux pas comparer avec le traitement qu’offre Jean-Laurent Del Socorro 🙂 Mais je note la référence !

Laisser un commentaire