Couverture Cookie Monster

Cookie Monster, l’ogre digital.

Cookie Monster est une novella de Vernor Vinge, initialement parue en 2003 et publiée, en France, en février 2016 dans la Collection Une Heure Lumière, aux éditions du Bélial’. La couverture est de Aurélien Police et la traduction de Jean-Daniel Brèque.

Vernor Vinge est un auteur de Science-Fiction américain, professeur de mathématiques et d’informatique, il a pas mal travaillé sur la singularité technologique, ou singularité vingienne, carrément. Une hypothèse selon laquelle la création d’une IA déclencherait un bond technologique exponentiel et imprévisible.

Cookie Monster a reçu le Prix Hugo 2004 « Roman court », ainsi que le Prix Locus 2004 « Roman court ».

 

Don’t be evil.

Dixie Mae est sur le point de finir sa première semaine de travail chez LotsaTech, la super boite innovatrice de la Silicon Valley, elle travaille dans un grand open space et le campus est juste génial. Tout va bien, cela fait longtemps qu’elle cherchait du travail, un poste sympa. Elle n’y croyait plus. Bon, ce n’est pas non plus la panacée, elle travaille au service client d’un nouveau produit et doit répondre à tout un tas de requêtes plus ou moins intéressantes. Cette dernière journée va être perturbée par un message énigmatique reçu par son collègue du box d’à côté. Une requête client qui n’en est pas une. Ledit message contient des éléments de sa vie privée qu’elle seule connait, comment est-ce possible ? Est-elle traquée par un pervers sur le campus ?

 

Dixie Mae et les geeks.

Dixie Mae semble être un pur produit de la génération Y, instable, avec une enfance difficile — seulement évoquée — qui n’arrange rien. Elle débarque donc un univers geek qu’elle ne maîtrise pas. Seul son caractère fort lui permet de s’en sortir. Son collègue de box, destinataire du message la concernant, se nomme Victor, un étudiant en journalisme, qui intègre l’effectif uniquement pour écrire un billet sur les conditions de travail au sein de cette société. Mais avant tout, c’est un gars hyper suffisant, un connard prétentieux comme on les aime. Le duo de départ va croiser d’autres personnes sur leur route, plus ou moins prêtes à collaborer avec l’héroïne pour en découvrir plus sur ce message inexpliqué.

 

LotsaTechPlex.

L’espace de la novella est fermé, un presque huis clos. Le récit se déroule au sein du campus proposé par la firme LotsaTech, qui a visiblement évincé Microsoft et consorts. Si certains des employés sont enthousiastes, tout ne semble pas rose, loin de là. Les gens du service client travaillent à la chaîne sur des requêtes que des IA simples pourraient gérer et ont un nom générique pour répondre aux clients, histoire de déshumaniser un peu plus leur travail. Peu à peu, Dixie Mae comprend que le campus ne tourne pas rond, au-delà du message reçu, il y a quelque chose de pourri chez LotsaTech. L’immersion est progressive, bien menée.

 

Un thriller technologique.

Le départ est léger, un peu insouciant et tourne vite dans le sérieux, limite flippant. L’histoire est dirigé comme un thriller technologique et offre quelques rebondissements et révélations inattendues. J’ai été pas mal surpris, cet aspect est plutôt réussi.

À vrai dire je m’attendais à du fantastique, sans m’être réellement renseigné sur le livre, au final il s’agit de SF pure et dure.

Les thèmes abordés sont variés, mais il est question de nouvelles technologies,d’ordinateur quantique, d’IA et d’expérimentation cognitive. Tout en soulignant le danger des géants du web, la liberté d’action qu’ils possèdent et l’impunité de ces mêmes actions. Sans être alarmiste à ce sujet, la novella souligne quelques points intéressants.

Côté plume, le style est léger et fluide, teinté d’humour plutôt agréable. La nouvelle se lit très vite, avec un certain plaisir. La fin est vraiment réussie et offre une belle surprise !

 

Pour refermer le placard.

Je ne sais pas pourquoi, cette novella ne m’attirait pas, j’y suis clairement allé à reculons, le titre peut-être, le synopsis ? Quoi qu’il en soit, j’ai pris deux petites heures pour la lire et j’ai été agréablement surpris. Comme quoi, parfois, ne pas placer une attente trop élevée pour un livre peut avoir un côté positif ! Un récit bien mené, plus complexe qu’il n’y parait au premier abord, avec une fin réussie !

Voilà, j’ai lu l’intégralité de la collection de novella proposée par le Bélial’, avec du bon, du très bon et du moins bon. Mais dans l’ensemble, c’est une belle collection ! Vivement juin pour Ken Liu et son regard !

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D’autres avis : Yogo, Lorhkan, l’Ours inculteLutin, Apophis

 

18 réflexions sur “Cookie Monster, l’ogre digital.

  1. Ah! je ne suis pas à jour dans la collection. Il me manque 3 titres à lire pour ma part.
    Quant à Cookie Monster même si je trouve le récit un peu “froid”, je le trouve très bien mené et réusii. Je ne sais pourquoi, il me faisait penser à Alice au pays des merveilles…. Sans doute à cause de la porte.
    Bref, je partage ton analyse et ton avis sur celui-ci aussi.

    • J’aime bien tout ce qui touche à la singularité, le transhumanisme, etc.
      En ce moment, je suis à fond là dedans, je pense que ça m’a aidé à l’apprécier 🙂

      Mais l’aspect un peu froid d’une partie du récit peut rebuter et je le comprend.

  2. Très bonne critique, comme toujours (j’aime beaucoup les noms des différents sous-paragraphes ^^).

    Si tu as apprécié la balade en pays Vingien et que tu es attiré par la singularité et le transhumanisme, je te conseille très fortement de lire Un feu sur l’abîme du même auteur. Ou comment faire une Singularité dans un contexte qui possède déjà des IA !

  3. Moi non plus je ne m’attendais pas à ça en lisant cette novella, mais j’ai beaucoup aimé finalement ^^. C’est pas celle qui m’a le plus marquée mais elle déborde d’idées (et on peut la prescrire à plein d’informaticiens en plus :D)

  4. Je préfère Vernor Vinge sur le format roman. Seul la fin m’avait subjugué dans cette novella
    Je ne peux que plussoyer au conseil d’Apophis et de lire Un feu sur l’abime (attention, c’est une série) ou Au tréfond du ciel qui se déroule dans le même cycle mais peut se lire de manière indépendante.

  5. Alors moi, j’ai aussi bien aimé ce texte (avec un titre tout à fait bien trouvé, une fois arrivé à la fin).
    Par contre, j’ai un peu moins apprécié “Un feu sur l’abîme” que j’ai mis pas mal de temps à terminer. Mais je suis un des rares dans ce cas tant le roman a été encensé. Tente ta chance, tu verras bien ! 😉

  6. Je n’avais pour ma part pas été très emballé par Cookie Monster. Les idées de base sont excellentes, mais posent à mon sens des questions éthiques qui auraient pu être creusées davantage. Je n’en dirai pas plus, car il est difficile de parler de ce texte sans décrire les révélations qui sont dedans ^^, mais en tout cas une déception. Et comme souvent avec la hard SF, une sensation que les personnages manquent de crédibilité. J’ai trouvé que les personnages acceptaient la révélation sans en douter, ce qui sonnait faux à mon sens. Reste qu’il s’agit d’une novella, et qu’il faut bien choisir ce qu’on développe ou non. En deux heures de temps ça reste une lecture facile et agréable qui joue avec une idée stimulante.

    • C’est vrai qu’il est difficile d’en parler sans spoiler, mais je vois ce dont tu parles. Même si les personnages peuvent paraître froid, j’ai trouvé ça drôle par moment, j’ai trouvé Cookie Monster moins froid que Cérès et Vesta par exemple.
      Mais c’est sûr qu’en une centaine de pages c’est difficile de tout traiter !

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