couverture la danse des étoiles actu sf

La danse des étoiles, un nouvel espoir.

La danse des étoiles est un roman paru en 1979 aux États-Unis, écrit à quatre mains par Spider et Jeanne Robinson. Il a été réédité en 2015 aux éditions Actu SF, puis chez Hélios, ce mois-ci, en version poche. Avec une couverture de Jamie Olivier et une traduction de Melissa Manchette.

Ce livre a obtenu le Prix Nébula du meilleur roman court 1977, Prix Hugo du meilleur roman court 1978 et Prix Locus du meilleur roman court 1978. Trois prix du meilleur roman court, c’est marrant, je ne suis pas sûr qu’aujourd’hui on est la même notion de roman court (368 pages).

Spider Robinson est un auteur américain, ce livre est son grand succès et pour sa rédaction il a travaillé avec sa femme, danseuse et chorégraphe.

 

Les diktats de la danse.

Shara Drummond est trop grande pour danser, elle ne rentre pas dans les codes demandés par la danse moderne. Pourtant, danser c’est ce qu’elle aime, ce qu’elle veut faire. Elle est talentueuse, c’est du gâchis. Un milliardaire, Carrington, l’invite à bord de SkyFac, la station orbitale qu’il vient de faire construire pour pallier lui-même à son handicap.

Shara saute sur l’occasion et invite une vieille connaissance, Charlie Armstead, un ancien danseur, une étoile montante, qui suite à une blessure à la jambe est dans l’incapacité de danser et qui est reconverti dans la vidéo.

La bande d’éclopés s’envole donc pour SkyFac. Sur place, l’absence de gravité est une aubaine. Shara danse, elle surpasse l’art, le renouvelle. Malheureusement, tout ce temps passé en apesanteur a des conséquences sur le corps de la danseuse, si elle y passe trop de temps, un retour sur terre risque d’être impossible.

En parallèle, une présence extra-terrestre est détectée, en orbite de Saturne, ces êtres vont s’avérer sensibles à la danse.

 

Shara, Charlie et les autres.

Charlie n’est autre que le narrateur, un personnage intéressant et drôle. Cynique avec un humour pince-sans-rire. C’est quelqu’un de cultivé, de fin, il est parfois aigri, mais ça ne le rend pas antipathique. Shara elle, est belle, plantureuse, une femme déterminée et habitée par la danse. La seule chose qu’elle veut c’est pouvoir danser. Cette détermination va l’amener à entreprendre des choses folles, à transcender son art.

Dans la deuxième partie du livre, tout un tas de personnages est introduit, de nouveaux danseurs, notamment et aussi la sœur de Shara, Norrey. Ils sont bienvenus et intéressants, même si cette partie du livre qui les introduit n’est pas la meilleure.

 

Plongée dans les années 70.

L’univers du livre est un peu à la ramasse niveau technique. Il y a des superordinateurs qui se contentent de calculs savants, de la vidéo qui n’a pas évolué et des relents de guerre froide. Les personnages fument des pétards, souvent, et parle de leur expérience sous acide et LSD, pas de doute, les années 70 sont bien là !

Honnêtement, ça demande un petit exercice intellectuel, il faut passer outre cet aspect. Une fois le côté technique mis de côté, il est possible de profiter pleinement du livre. Finalement, il suffit de le remettre dans son contexte.

Après tout, peut-être que les grands de la SF d’aujourd’hui se plantent eux aussi sur les anticipations technologiques, seul l’avenir nous le dira.

L’aspect technique de la danse en apesanteur et les défis que doivent relever les personnages sont intéressants.

 

Flower Power.

Personnellement, j’ai bien aimé les thèmes portés par le livre, ça doit être mon côté hippie qui ressort. Libération sexuelle, prépondérance de l’art, liberté individuelle, dialogue et ouverture.

L’art de la danse se trouve transcender par le vide, mais autour de ça, il y a aussi la chorégraphie, la vidéo et même la musique. C’était un aspect très intéressant du livre.

Un amour de l’espace, avec de belles descriptions.

 

Décrire la danse en apesanteur.

Le style du livre est plutôt classique, parfois un peu trop descriptif, notamment dans la deuxième partie, qui pose le décor pour le reste du livre. C’est le passage à vide du roman. Les auteurs y expliquent essentiellement les techniques pour permettre un spectacle en apesanteur et les possibilités offertes par une telle danse. L’exercice n’est pas aisé.

Sinon, c’est riche, érudit et souvent drôle, mais d’un humour fin, c’est agréable.

 

Un livre vers lequel je ne serai pas allé.

Au premier abord, je ne serai pas allé vers ce livre. Finalement, ce fut une agréable surprise, malgré un ventre mou dans la deuxième partie. L’introduction est agréable est la fin aussi. Comme quoi, il faut savoir dépasser ses préjugés.

Le thème est original et dénote par rapport à notre production actuelle. C’est un sacré tour de force mine de rien, parvenir à accrocher les gens autour de la danse. Surtout des lecteurs de SF, qui sont parfois velus (hommes et femmes) dans leur demande de lecture. Ils veulent des gros vaisseaux, des militaires survitaminés et j’en passe.

Il n’est pas exempt de défauts, notamment sur la technique et le passage à vide cité plus haut, mais c’est une belle surprise. Au final, je me suis laissé porter.

Ce livre est un vrai bol d’air, une échappée dans les étoiles, le temps d’une danse.

 

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Les autres avis : Bifrost numéro 79 (Jean-Pierre Lion) ; La dernière page ; Impromptu ; Les livres en folie ; Lhisbei ; Blog-o-livre ;

J’ai reçu ce livre dans le cadre d’un service presse, proposé par Actu SF, je tiens à remercier Jérôme Vincent.

8 réflexions sur “La danse des étoiles, un nouvel espoir.

  1. Je l’ai vu celui-ci, et c’est surtout la couverture qui a attiré mon regard avec ce jeu de danse sur fond de nébuleuse. Le théme a de quoi interloqué, et finalement après ton avis, j’ai bien envie de lui donner sa chance.

    Merci pour cette découverte! 🙂

  2. Je te confirme que de nos jours, le qualificatif de roman court ne s’appliquerait pas à celui-ci. Selon la définition anglo-saxonne, ça correspond à moins de 40 000 mots, soit à vue de pif moins de 200 pages.

    • Merci pour la précision, j’étais dans un ordre d’idée comme ça.

      Du coup, en 2050, prix du roman court ça sera une nouvelle et prix de la meilleure nouvelle un statut sur un réseau social à 140 caractères :p

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