Couverture le lion de macédoine

Le lion de Macédoine – L’enfant maudit

Encore de la fantasy pour conclure ce mois de juin pour lequel j’avais programmé deux romans de ce genre. Le lion de macédoine est un cycle de David Gemmell qui en version originale se compose en deux tomes. Personnellement, j’ai la version française proposée par folio SF qui a été redécoupée en quatre tomes. La présente chronique concerne le premier tome qui s’intitule L’enfant maudit. Le cycle du lion de macédoine est paru courant 90 / 91 et pour la première fois en France chez Mnémos en 2000. La présente édition bénéficie d’une traduction par Eric Holweck et une révision de Thomas day. Je ne vais pas parler des polémiques autour des découpages de l’œuvre proposés par Folio SF, surtout que depuis, des éditions plus conformes à l’œuvre originale sont parues chez Mnémos.

David Gemmell est considéré comme l’un des grands auteurs de fantasy. Il est né en 1948 à Londres et est décédé en 2006. Auteur de plusieurs cycles, en France il est connu pour le Cycle de Drenaï — du med-fan où la magie emprunte au chamanisme — et le Lion de Macédoine.

 

Parménion, l’illustre inconnu.

Spartiate par son père, macédonien par sa mère. Parménion passe l’essentiel de sa jeunesse dans une caserne de Sparte, comme tous les jeunes hommes de cette cité-État, enfin ceux qui peuvent se payer les frais d’inscription, parce que l’inflation des coûts liés à l’éducation on en parle pas assez. Seulement voilà, il est rejeté, mal aimé et objet de toutes les moqueries et de tous les coups tordus. Son rejet par les purs sangs spartiates va jusqu’à la violence extrême et à la limite de la mise à mort. Malgré l’obtention du titre de Strategos, après avoir battu son grand rival Léonidas dans un jeu de stratégie, il n’est toujours pas considéré, sa victoire est accueillie de façon mitigé. Mais Xénophon un athénien exilé, grand stratège, va s’occuper de lui.
Cette rancœur va atteindre son paroxysme le jour où il est contraint de s’enfuir vers Thèbes, ce jour-là, il s’est promis de faire tomber Sparte.

 

Parménion, Xénophon, ainsi font font font les petits Grecs.

Parménion est un personnage méconnu de la grande Histoire, officier de Philippe II de Macédoine, puis de son fils Alexandre le Grand, David Gemmell prend le parti de réécrire sa biographie. Il le rend mi-spartiate, mi-macédonien et omet son origine issue des rangs de la noblesse macédonienne. Ce grand écart s’explique par les besoins du récit. Sa jeunesse tiraillée entre ses deux origines est la source de tous ses maux et c’est ce qui va forger le caractère de ce futur grand stratège. Il a perdu son père et ne tardera pas à perdre sa mère. C’est un enfant têtu, mais terriblement intelligent, un stratège hors pair et un combattant qui sait se défendre.  Xénophon, philosophe et stratège, fera office de père de substitution et le propulsera dans les hautes sphères de la cité de Thèbes lorsque le jeune Parménion sera contraint à l’exil. Son ostracisme de fait est dû à son début de romance avec Dérae, fille de la noblesse spartiate, aucune chance qu’un mariage puisse se faire avec un sang-mêlé. Mais les deux jeunes amants s’aiment et l’amour rend bête. Tout cela finira dramatiquement et poussera, un peu plus, Parménion vers son destin.

Les sentiments et les moteurs d’action des personnages sont parfois poussifs. Parménion qui dès son plus jeune âge rêve de brûler Sparte, rien que ça. À son âge, on rêve de tabasser celui qui nous harcèle, ou de pousser son professeur dans les escaliers, à la limite. Mais brûler Sparte, le petit n’a pas froid aux yeux. David Gemmell se débrouille beaucoup mieux lorsqu’il traite de complots et de stratégies, plutôt que de sentiments. Cela se ressent, aussi, dans les romances qu’il introduit.

 

Fantasy antique, mais pas trop.

Si j’ai signalé un premier écart historique, ce n’est pas très dérangent, enfin moi en tout ça ne me dérange pas. Si j’ai envie d’avoir de l’historicité authentique, je n’ouvre pas un livre de fantasy, après, si c’est plus conforme à l’histoire, c’est un plus. L’action se déroule après la bataille des Thermopyles (rendue populaire par le film 300) et avant l’avènement de Philippe II de Macédoine. C’est une période intéressante, durant laquelle les cité-États ne cessent de se faire la guerre. Ces guerres intestines sont alimentées par l’or Perse qui tire son épingle du jeu de cette situation et attise les tensions.

Par contre, côté fantasy historique je m’attendais à quelque chose de plus proche des croyances des Grecs. C’est à dire des dieux anthropomorphes qui viennent visiter les mortels et s’en amuser. Dans la Macédoine servie par David Gemmell rien de tout cela. Les dieux n’existent pas, même si tout le monde n’en a pas conscience. Ce que les gens expliquent comme étant des interventions divines sont en réalité les résurgences du combat que se mène l’Ordre et le Chaos. Un parti pris très manichéen dans des croyances qui ne le sont pas une seule seconde. C’est un aspect du livre qui m’a énormément déçu. On se retrouve donc avec une prêtresse Tamis qui a de grands pouvoirs et qui tente de conjurer les plans d’un Dieu noir. Parménion se retrouve malgré lui mêlé à ce destin cosmique ? Le dieu noir doit naître parmi les humains, dans le premier tome on ne sait pas encore de qu’il s’agit et Parménion semble être le seul rempart à son avènement.

À côté de ça, l’auteur propose une Grèce plutôt bien retranscrite, l’ambiance est guerrière, rude et sanguinolente. L’honneur passe avant la vie et gare aux pleutres. Le vocabulaire grec introduit reste simple et abordable. Il y a peu de places aux rites et aux croyances, mais plus aux combats, à l’action et à la stratégie.

Côté thème, l’auteur touche du doigt la foi qui est souvent remise en cause, la place de la femme dans les différentes cité-États et le rejet de Parménion forcément.

 

Un style simple et efficace.

Le style est léger, simple, ce qui permet une lecture rapide et agréable. Une grand place est faite à l’action au détriment de la réflexion. Même si les complots et autres intrigues sont intéressantes et bien menés. Cependant, j’aurais aimé parfois un traitement plus érudit, non pas pour me donner la migraine ou pour le plaisir d’aligner les mots complexes, mais pour ajouter à l’ambiance, dans mon imaginaire la Grèce antique c’est le temps des philosophes, des académies et des récits homériques. L’histoire de David Gemmell est épique, mais il manque cette touche d’érudition grecque. La narration est maîtrisée et plutôt accrocheuse, c’est la force du livre.

 

J’en ressors mitigé.

Je lirai la suite, c’est certain. Mais peut-être ai-je placé trop d’attentes dans ce Lion de Macédoine ? Je suis un peu dur avec ce livre, mais la Grèce antique est une période que j’adore et que j’affectionne. J’avoue que le traitement proposé par David Gemmell m’a un peu déçu.

À côté de ça, le départ de cette saga est efficace, ça se lit vite et j’ai tout de même envie de connaître la suite, ce qui est déjà pas mal. J’essaierai de ronger mon frein et d’accepter ce énième combat entre l’Ordre et le Chaos.

 

12 réflexions sur “Le lion de Macédoine – L’enfant maudit

  1. J’avais bien aimé cette saga meme si c’est pas la plus marquante de l’auteur. Elle met du temps à démarrer aussi, ce découpage dessert peut être encore l’ensemble

    • Oui, c’est certain que le découpage y fait. C’est pour ça que je vais lire la suite, puis j’ai tout de même accroché. Mais ça m’a permis de mettre le doigt sur ce qui me gêne.

      Je ne manquerai pas de la juger sur son ensemble 🙂

  2. Pas pour moi.
    Déjà mélanger la macédoine et le chocolat (Leonidas), je trouve cela écœurant, et j’aime pas la macédoine.
    Le titre m’a fait penser à l’orphelin de carmélide.
    Bon, pas très constructif mon commentaire, je te l’accorde.

    • Mes réserves sont vraiment personnelles je pense. Si on aime les ressorts classiques, bien contre mal, ça passe. Mais je ne m’attendais pas à cela. Écarter d’emblée le riche panthéon grec, ainsi que ses légendes m’attriste un peu. Dans le premier tome en tout cas, c’est le cas.

  3. Je vais déjà lire les autres romans de la série Drenaï avant de me lancer dans une autre aventure. D’ailleurs les réserves soulignées font que je suis encore moins pressée.

Laisser un commentaire