Couverture une heure lumière le bélial'

Poumon vert, une novella contemplative.

Poumon vert est une novella de Ian R. Macleod, initialement parue en 2003 et publiée ce mois-ci dans la Collection Une Heure Lumière, aux éditions du Bélial’. La couverture est de Aurélien Police et la traduction de Michelle Charrier.

Ian R. Macleod est un auteur de Science-Fiction britannique connu pour son intérêt de l’uchronie, il a aussi trempé dans la fantasy et le steampunk et il est plutôt plébiscité en terme de prix littéraires. Pour ma part, c’est la première fois que je le lis, et ce fût une agréable surprise.

La présente novella a été finaliste de plusieurs grands prix et a reçu le prix des lecteurs de la revue américaine Isaac Asimov’s Science Fiction Magazine.

 

Jalila l’Habarienne.

L’héroïne se nomme Jalila, elle vit sur Habara, une planète plutôt agréable et verdoyante. Avec sa famille, son Haremlek, elle a quitté les hautes plaines de Tabuthal pour se rendre dans la ville portuaire de Al Janb. Une ville grouillante de monde, où il est possible d’y croiser des créatures d’outre-monde et d’autres choses fantasques. Mais la chose la plus étrange que Jalila va croiser, c’est un mâle, car oui, elle a toujours vécu avec des femmes. Autour d’elle, tout est féminin.

 

Jalila et son Haremlek.

Jalila a trois mères, Ananke la plus douce, Pavo l’aventureuse et Lya au caractère bien trempé. Jusqu’à ses 12 ans toute sa vie se résume à son Haremlek, composée de ses trois mères et des autres filles et femmes gravitant autour. Mais l’arrivée à Al Janb va tout chambouler. Le personnage de Jalila va évoluer sans cesse. Elle va découvrir l’amour, le sexe, la mort, mais aussi un homme. Kalal, un garçon, fils d’un marin, son père et lui semblent à la marge de la société. L’opposition entre Kalal et Jalila est un des points importants du livre et s’avère très intéressante.

 

Haraba et ses femmes.

Côté univers, l’auteur nous propose un monde composé presque essentiellement de femmes (qui va se traduire aussi dans le style). Sur Haraba, la culture est empreinte des coutumes et croyances de l’Islam. D’où le terme de Haremlek et bien d’autres. Les gens y fêtent Mawlid (Moulid dans le texte), l’Aïd El-Kebir, etc. Il y a des voyages interstellaires, visiblement effectués via des portails et par une certaine adaptation de la théorie des cordes. Tous ces points font forcément penser à Dune de Frank Herbert. Mais ici, point de côté martial, guerrier. La société, le monde et l’univers semblent pacifistes.

En terme de mœurs, la norme est donc l’homosexualité et la rencontre entre Kalal et Jalila va mettre l’accent sur l’hétérosexualité, pratique marginale et rejetée. Merci à l’auteur pour ce pied de nez aux radicaux.

Par moment, le récit peut s’avérer frustrant, tant on aimerait s’attarder sur certains pans de l’histoire. Comme, notamment, ce Poumon vert que recrache Jalila au début de l’histoire et qui a l’air de grandir en même temps qu’elle. Mais c’est le jeu des textes courts, difficile de tout traiter.

 

Une balade onirique et contemplative.

Côté style, c’est très lent. L’auteur prend le temps de décrire les choses, d’émerveiller le lecteur. Il n’y a quasiment pas d’action, c’est une invitation au voyage à travers les yeux de Jalila, qui découvre en même temps que nous, ou presque, ce nouveau monde qui s’offre à elle.

Pour aller au bout de son idée, l’auteur a pris le parti de tout féminiser, jusqu’à la conjugaison, sur la troisième personne du pluriel le féminin l’emporte.

La plume de Ian R. Macleod est soutenue, belle, il aime les envolées lyriques, s’attarder sur l’environnement et les sensations.

 

Pour finir.

Encore une belle découverte grâce à la collection de novella proposée par Le Bélial’. C’est vraiment de la Science-Fiction légère, plus portée par ses thèmes qu’autre chose. Elle est donc à mettre entre toutes les mains, pour peu qu’on soit capable de vivre lentement, 1 heure ou 2.

 

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D’autres avis : Apophis ; L’ours Inculte ; Just a Word ; Le chien critique

15 réflexions sur “Poumon vert, une novella contemplative.

  1. C’est une très belle collection, globalement les titres sont très bons et sans grosses déceptions. J’ai prévue de lire celui-ci aussi. Pas forcément tout de suite, mais avant l’été. J’espère être aussi séduite que toi.

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