Couverture sénéchal

Sénéchal, Grégory Da Rosa sonne le tocsin.

Sénéchal est un roman de Grégory Da Rosa publié en février 2017 aux éditions Mnémos.

Concernant l’auteur, c’est un jeune Montpelliérain de 27 ans. Sa situation géographique a grandement fait pencher la balance pour cette lecture. Il s’agit de son premier roman d’un passionné d’histoire et de roman historique, j’adhère aussi.

Sénéchal est à mi-chemin entre la fantasy inspirée de l’histoire et la high fantasy. L’empreinte médiévale est forte, mais le fantastique vient y faire des assauts conséquents. Généralement, j’ai une large préférence pour le premier genre.

Tout commence par le réveil brutal du Sénéchal, Philippe Gardeval, un domestique vient lui annoncer que l’armée ennemie se trouve devant les murs de la cité, Lysimaque la capitale de Méronne.

Problème, Gardeval a ordonné à l’armée royale de défendre une autre ville sur la base d’un rapport des éclaireurs. Il va devoir justifier de sa décision. Pour ne rien arranger, la femme d’un puissant noble, allié à la couronne, est empoisonnée au tout début du siège.

Les soupçons vont bon train, le Sénéchal doit notamment affronter les accusations de Othon (le garde du sceau royal), un noble hautain et suffisant. Ainsi que, le caractère sanguin de son Roi et meilleur ami. Celui qui l’a sorti de sa situation de gueux, sans l’anoblir pour autant, malgré sa loyauté sans faille.

S’en suit un huit clos dans les murs de la cité assiégée, dans lequel les personnages vont devoir affronter un ennemi intérieur, en plus du siège.

L’action se déroule sur trois jours, particulièrement rythmés. À souligner le clin d’œil fait au roman d’Umberto Eco “Au nom de la rose”. L’action et les chapitres sont découpés selon les heures canoniales. J’ai bien apprécié la référence.

L’action monte crescendo au fil de ces trois jours. Le siège créé une certaine tension, accentuée par les intrigues de cours liées à l’empoisonnement, ainsi que la situation politique du royaume.

Le style se veut médiéval. Ce qui implique des expressions et un phrasé particulier. Le premier dialogue est surprenant et peu en dérouter plus d’un. Mais une fois pris dans l’ambiance ça glisse tout seul. Hormis quelques notes de bas de page qui ne sont pas essentielles à la compréhension du récit. Le texte est accessible et cohérent.

Il convient de souligner l’énorme travail de l’auteur sur ce point, opter pour ce style d’écriture sans que ce soit lourd ou ridicule ne doit pas être facile. Pour le coup, c’est réussi dans l’ensemble, en dépit de quelques passages moins fluides.

Concernant les personnages, personnellement le Sénéchal Gardeval m’a grandement agacé. Je l’ai trouvé par moment pertinent dans ses actions et ses réactions, d’autres fois il m’a cloué par sa stupidité. En tout cas, il ne laisse pas indifférent. Je n’arrive pas à savoir si je l’ai aimé, ou détesté.

Peut-être que l’emploi de la première personne y est pour beaucoup. J’ai eu du mal à m’identifier à lui.

Le Roi sanguin, et sûr de lui, est un bon personnage, ainsi que Othon le garde du sceau royal, un noble exécrable, parfait pour ce rôle.

Les personnages secondaires qui gravitent autour de ce triptyque sont assez réussis, mention spéciale à Roufos, un gros dur sympathique.

Concernant le monde proposé par l’auteur, il s’agit de médiéval fantastique très teinté de religieux. Avec des forces qui dépassent largement les mortels.

Ce n’est pas ce que je préfère, j’aime les histoires à échelle humaine, avec des forces qu’ils peuvent maîtriser et peu présente.

Cependant, l’ouverture proposée vers la fin, notamment, sur les enjeux politiques est intéressante.

Les intrigues de cours et le huit clos permettent de ne pas se perdre dans des enjeux trop grands et c’est pour ma part le point que j’ai le plus apprécié.

Pour finir, je soulignerai quelques bémols concernant l’édition du livre.

La communication grandiloquente de l’éditeur qui peut créer trop d’attentes et décevoir le lecteur. Comparaison avec Games of Thrones et J.P. Jaworski, accent mis sur l’originalité, etc. C’est flatteur, mais ça peut desservir. Annoncer le livre comme le début d’une saga serait plus juste aussi.

Enfin, il est toujours facile de jeter la pierre.

Pour ne pas finir sur une mauvaise note, mon avis dans l’ensemble est positif et même très encourageant pour un premier roman. Je lirai la suite avec plaisir ! Et pourquoi pas un jour, un roman historique de l’auteur.

Les avis des autres papoteurs : ApophisBoudicca, , l’Ours inculte, Salveena.

7 réflexions sur “Sénéchal, Grégory Da Rosa sonne le tocsin.

  1. C’est vrai qu’en ce moment, l’éditeur fait le “forcing”sur ce roman et l’auteur. En soi, je n’y vois pas d’inconvénient. En revanche, ce sont les comparaisons que tu évoques et les quelques retours qui me freinent. Je vais laisser un peu de temps, avant de me pencher sur ce roman qui a des arguments séduisants.

    Merci de ta critique.

  2. C’est vrai que les noms balancés comme comparaison sont pas du tout pertinent, cette manie commence vraiment à m’agacer. Par contre j’ai beaucoup apprécié le roman et son héros, j’ai eu moins de mal que toi à m’y attacher apparemment. Je l’ai trouvé humain, simplement, pas un grand héros, pas un maitre manipulateur, juste un mec qui fait ce qu’il peut.

    • C’est pas que je l’ai trouvé humain, mais j’ai eu du mal à accrocher avec ses questionnements et doutes, entres autres. Justement, il est tellement normal que je me questionne sur la suite et sa capacité à endurer tout ce qui s’annonce !

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