Source des tempêtes couverture

Source des tempêtes, racine des tracas.

Source des tempêtes est un roman de Nathalie Dau publié chez les Moutons électriques, en mars 2016. Il s’agit du premier tome d’une saga qui en comportera six. J’ai lu ce livre dans le cadre de mes lectures du deuxième trimestre 2017, pour un mois de juin placé sous le signe de la fantasy.

C’est la première fois que je me lance dans un livre de Nathalie Dau qui ne manque pas de cordes à son arc : écriture; poésie; chant; conteuse; etc.

Comme toujours chez les moutons, le livre bénéficie d’une édition soignée et c’est un plaisir d’avoir un de leurs livres-objets entre les mains. Il bénéficie d’une belle couverture réalisée par Melchior Ascaride.

Ce roman est une version augmentée de celui précédemment paru chez les éditions Asgard et qui s’intitule La somme des rêves.

 

Une prophétie et un enfant né dans une galaxie contrée lointaine.

Le continent Cestre a connu une énorme purge. Une vague inquisitoriale à l’encontre des mages bleus, fervents représentant de l’équilibre. Tous sont morts, excepté un de leurs représentants : Kéral Asulen. Il a été contraint à l’exil et malgré tout, il aura deux fils : Cerdric et Ceredawn, le premier ne connaît rien de son père, ni de son frère. Le second est né loin des troubles du monde et renferme de puissants pouvoirs.

En fil rouge sous-jacent, une prophétie, l’énigme, annonce la venue d’un enfant qui va bouleverser l’équilibre fragile des forces de Cestre, mais elle s’avère bien trop sibylline pour en tirer des conclusions certaines.

 

Familles recomposées et liens distendus.

Les deux personnages principaux sont Cerdric et Ceredawn les deux fils du mage bleu, Kéral Asulen. Ils ignorent leur existence l’un l’autre et pour Cerdric, on lui cache l’identité de son véritable père. Le premier passe sa jeunesse auprès de sa mère Nérasia, courtisane à la cour d’un noble local. Il suivra l’éducation due à son rang. Une enfance difficile sera son lot, causée en grande partie par une mère ignoble. Cerdric apprendra plus tard qu’il est le fils de Kéral Asulen. Le second est élevé par son père à l’écart de la civilisation avec une mère aimante et une sorcière en guise de perceptrice.

Cerdric est réfractaire, il n’a pas une once de magie en lui et elle ne l’affecte pas, il passe son temps à lutter contre sa mère, à esquiver les intrigues de cours et à enquêter sur son pater. Ceredawn, de son côté est puissant, il a un don magique exceptionnel et connaît une enfance heureuse. À côté des deux personnages principaux, il y a une flopée de personnages secondaires, qui sont plus souvent hostiles qu’amicaux. Ils évoluent dans un monde riche et complexe.

 

La Loi, le Chaos et l’Équilibre.

Le monde construit par Nathalie Dau est solide, travaillé et touffu. Même si de nombreux poncifs de la fantasy sont pris et repris il est légitime de souligner le travail réalisé par l’auteure. Le drac est l’essence magique du monde, on ne sait pas trop ce qu’il en est au départ, mais on se doute qu’il est puissant, puisqu’il permet à ses utilisateurs de se téléporter et de contrôler le vent, la chaleur. Les trois ordres, cités en titre, gouvernent le monde, du moins semblent être très influents. Enfin, les deux restant puisque l’équilibre a été écarté du jeu lors d’une purge sans merci.

Les humains sont les plus présents, mais il y a aussi les Rives qui semblent être des elfes télépathes, mal-aimés et souvent réduit à l’esclavage, à côté d’eux les Marnes, des métamorphes dont on parle peu, affiliés au Chaos et sauvages.

Le récit débute dans une contrée classique, un système féodal, des duchés, du med-fan. Le lecteur traversera des forêts mystérieuses et des contrées orientales histoire d’apporter un brin d’exotisme. Sans oublier des dragons qui ont un rôle important dans l’histoire. Le tout est appuyé par un jargon et des termes propres à l’univers. Ainsi que des interludes en italique permettant d’étoffer le tout.

 

Le livre blanc des Tirbald.

Le roman se découpe en trois parties. L’essentiel de la narration se fait à travers des mémoires rédigés par Cerdric. De temps à autre, d’autres narrateurs, ou passages de manuscrits, viennent étoffer l’univers ou offrir des points de vue différents. Le style est soigné, le vocabulaire et la plume de Nathalie Dau sont recherchés. Seulement, voilà, la forme de la narration m’a paru totalement détachée, une certaine distance se crée entre l’action et le lecteur. Cette méthode m’a totalement coupé l’immersion. De plus, il y a beaucoup trop de longueurs et le style, même s’il est très travaillé, se perd parfois dans des envolées lyriques qui ne m’ont pas touchées comme d’autres peuvent le faire.

 

La tempête n’a fait que m’effleurer.

Je n’ai pas du tout accroché à ce livre. Attention, ça n’enlève rien au talent de Nathalie Dau et à son univers travaillé qui a dû demander énormément d’investissement. Ainsi qu’à sa plume soignée, malgré des longueurs qui gâchent le plaisir.

J’attache rarement peu d’importance à la longueur d’un livre. le récit fait la longueur qu’il doit faire, du moment que c’est justifié et équilibré. Ici 445 pages en petits caractères, c’est à mon avis beaucoup trop.

J’ai vraiment eu du mal à m’identifier aux personnages et à avoir de l’empathie pour eux. Cerdric est beaucoup trop jeune et naïf pour que la sauce prenne et Ceredawn est encore plus jeune et il prend son essor beaucoup trop tard dans le récit pour lui trouver un intérêt. A ce stade, j’étais déjà sortie de l’histoire.

Le côté classique m’a refroidi, je ne suis pas parvenu à m’immerger dans son univers. J’ai souvent été agacé par la tournure des événements. Mais je ne doute pas que ce livre plaira aux amateurs de monde construit, recherché et solide.

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Histoire de tempérer mon avis, en voici d’autres, plus enthousiastes : Xapur / Au pays des cave trolls / Le bibliocosme / La bibliothèque d’Aelinel / Blog-o-livre

16 réflexions sur “Source des tempêtes, racine des tracas.

  1. Même impression : ” une certaine distance se crée entre l’action et le lecteur”…De la belle ouvrage, maos bof, on n’accroche pas tant que ça…Il manque un petit qque chose…

  2. Il y a des choses qui m’avaient gêné aussi dans le premier tome (notamment ce que tu expliques à propos des personnages). Le second en revanche est d’un niveau à mon avis bien supérieur 🙂 (merci pour le lien^^)

  3. Je pense que j’y jetterais un oeil un jour, j’avais bien aimé les recueils de nouvelle de cette auteure. Après comme je suis pas dans une phase très fantasy je ne vais pas me jeter tout de suite dessus ^^.

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